
Mes premières années de liberté ont une matière et une luminosité très singulières dans mes souvenirs. La liberté que je goûtais pour la première fois faisait naître en moi des idées et des combats. J'avais le désir de me réapproprier mon corps et mon identité. Quand je regarde les photos que j'ai prises à cette époque, je retrouve des scènes plastifiées, empreintes d'un optimisme effronté. Barbara me l'avait dit, mais je n'avais pas su comprendre qu'il ne fallait jamais retourner sur les terres de son enfance. J'ai pris ces photographies où résonnaient nos rires d'adolescents. Mes printemps, mes soleils, mes folles années perdues et dans une boîte j'ai étouffé l'humidité de mes pleurs. Longtemps j'ai fermé les yeux.
Puis j'ai voulu voir la moisissure fleurir sur le papier glacé.
Mes souvenirs, mes merveilles rongés par le temps qui passe.
Je ne pourrai plus revenir au temps caché de mon adolescence.



Dans le cadre de la résidence autour du roman Je suis faite pour vivre de Morgane Knipper, Rémi Oswald a été invité à collaborer à son enquête. Pendant un mois, il a suivi et filmé Morgane en VHS dans ses recherches sur l'ossature du livre, réalisant avec elle plusieurs interviews de proches, futurs personnages du récit. Lors de la restitution, Rémi a présenté un court-métrage de 28 minutes, Et la Vallée reste, explorant le quotidien de cette enquête, entre secrets de famille et ancrage territorial.
« L'artiste explore l'idée d'épidermisation, un terme qui décrit l'action de recouvrir de peau. Cette membrane qui sépare l'intérieur de l'extérieur devient un lieu de projection des conflits internes à la croisée entre la blessure et son camouflage. À travers cette installation Rémi interroge la complexité des dynamiques familiales et collectives. Les égrégores se voient chargés d'une symbolique puissante. Ces entités incarnent une lutte entre sacré et profane. Cet univers révèle des fêlures, non pas comme des cris mais comme des murmures. Ce qui est dissimulé finit toujours par réapparaître laissant transparaître le poids des non-dits et de nos pensées limitantes. »



« Les souvenirs deviennent translucide, ils sont malléables.
Les souvenirs sont devenus des peaux sensibles.
Comme ça, ils ne s'éffaceront plus. »



Parfois, quand je ferme les yeux, je le vois dans son décor liminal.
Sans identité, il porte les artefacts de mythes.
Avec son aquarium, il accumule fantasmes et angoisses.
L'homme masqué a brûlé le laurier,
concassé le sel et les baies.
Et chaque fois, il ouvre sa veste
et y cache mes restes, mes peurs, mes récits enfouis.


Série de courts métrages qui retracent des réunions de familles de dieux, de mythes et de légendes. Chaque protagoniste est porteur d'un fétiche : masque de peau, poignard de cristal... J'emprunte à l'esthétique du Giallo italien. Des familles dysfonctionnelles qui répètent inlassablement les mêmes funestes schémas.
Installation dans l'espace avec projection des diapositives retrouvés dans le grenier de mon père et retravaillés.
Il fouille frénétiquement dans les affaires du grand-père. On sent le soleil d'été frapper sur le toit du grenier. L'air est sec et la lumière orangée. Il ouvre un coffre en bois. Deux petites boîtes jaunes apparaissent « KODAK » imprimé en rouge dessus et « R. OSWALD » écrit au marqueur noir sur le flanc de chacune. Ces initiales qu'il n'a pas choisi et qui le suivront jusqu'à son dernier souffle.

L'artiste explore l'idée d'épidermisation, un terme qui décrit l'action de recouvrir de peau. Cette membrane qui sépare l'intérieur de l'extérieur devient un lieu de projection des conflits internes à la croisée entre la blessure et son camouflage.
À travers cette installation Rémi interroge la complexité des dynamiques familiales et collectives. Les égrégores se voient chargés d'une symbolique puissante. Ces entités incarnent une lutte entre sacré et profane. Cet univers révèle des fêlures, non pas comme des cris mais comme des murmures. Ce qui est dissimulé finit toujours par réapparaître laissant transparaître le poids des non-dits et de nos pensées limitantes.
oswald.remi@gmail.com
+33 (0)6 98 82 69 28
@oswald.remi
Lyon, 69004
Je développe une pratique visuelle hybride mêlant photographie, sculpture et installation, à la frontière du familier et de l'étrange. Inspiré par le cinéma d'horreur, la statuaire antique et l'inquiétante étrangeté, je crée des figures et artefacts transfigurés, où les corps et les matières oscillent entre mémoire, mutation et rituel.
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